Présentation générale

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Données générales

Données géographiques

Nom officiel : République du Tadjikistan

Superficie : 143 100 km2

Population (est. 2015) : 8,6 millions

Capitale : Douchanbé

Villes principales : Douchanbé, Khodjent, Kouliab, Kourgan-Tioubé

Langue(s) officielle(s) : Tadjik. Le russe est largement compris et parlé.

Monnaie : Somoni.

Fêtes nationales : 9 septembre (Indépendance, 1991) ;

Données démographiques

Croissance démographique (estimation 2008) : 2,8%.

Espérance de vie (est. 2012) : 66 ans (50% de la population à moins de 17 ans)

Taux d’alphabétisation : 99%

Religion (s) : Islam sunnite (96 %), minorité de chiites ismaéliens (dans le Pamir, 1%), orthodoxie (200 000)

Indice de développement humain (Classement ONU 2012) : 125ème

Données économiques

PIB (2015) : 8,5 milliards de dollars

PIB par habitant : 949 dollars / 2247 dollars en PPP

Taux de croissance (2014) : 7%

Taux de chômage (données officielles 2015) : 2,4 %

Taux d’inflation (2016) : Environ 5%.

Balance commerciale (2014) : - 4,1 milliards de dollars.

Principaux clients (2014) : Kazakhstan (25%), Turkey (24%), Chine (6%), Russie (5%).

Principaux fournisseurs (2014) : Chine (51%), Russie (18%), Kazakhstan (11%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

- agriculture : 23,8 %
- industrie : 30,4 %
- services : 45,8%

Exportations de la France vers le Tadjikistan : 12 millions de dollars (2014).

Importations françaises depuis le Tadjikistan : 669 000 dollars (2014).

Communauté française au Tadjikistan : Cinquante personnes environ.

Politique intérieure

Le Tadjikistan est doté d’une géographie complexe. En effet, ce pays montagneux est doté d’une province orientale, le Pamir, doté d’un statut d’autonomie ("GBAO") et isolé pendant les mois d’hiver des plaines et hautes vallées de l’ouest du pays où se situe la capitale. En outre, la région de Khodjent, au nord, dans la plaine du Ferghana, n’est elle-même accessible en hiver depuis Douchanbé qu’au prix d’un détour par l’Ouzbékistan qui ferme régulièrement sa frontière sans préavis ni raison claire. La chaîne du Zarafchan l’isole aussi de la capitale.

Au Tadjikistan, la population tadjike cohabite en outre avec une forte minorité ouzbèke concentrée dans le nord du pays (15 % de la population), alors que les Tadjiks débordent largement les longues et difficiles frontières de leur Etat à la fois en Ouzbékistan (villes de Boukhara et Samarcande) et en Afghanistan où ils représentent 40 % de la population, essentiellement au nord.

Seul Etat persanophone d’Asie centrale, il a connu de 1992 à 1997 une guerre civile meurtrière remportée par une coalition néo-communiste soutenue par la Russie et dominée par les sudistes de Kouliab, alliés aux nordistes Khodjentis (majoritairement ouzbeks), au détriment des "islamo-démocrates" (originaires des régions de Gharm et du Pamir). Cette guerre civile aurait fait de 50 à 100 000 morts, provoqué l’exode de plusieurs milliers de réfugiés vers les pays voisins (70 000 vers l’Afghanistan), le passage en Afghanistan des combattants de l’opposition islamiste radicale et l’exil de ses dirigeants (principalement en Iran).

La situation politique intérieure s’est stabilisée depuis la conclusion de l’Accord général sur la paix et la réconciliation nationale du 27 juin 1997 conclu grâce à une médiation des Nations unies, de la Russie et de l’Iran. Sous l’égide d’une Commission de réconciliation nationale, une formule originale de partage du pouvoir a été mise en place entre les partisans du Président Rahmon[1] (arrivé au pouvoir en 1994) et l’Opposition tadjike unifiée, dont le fer de lance était le Parti de la Renaissance Islamique (PRI, dont Muhiddin Kabiri est devenu le leader en 2006). Les milices islamistes ont été pour la plupart désarmées ou intégrées dans les rangs des forces de l’ordre.

Cette normalisation a bénéficié au chef de l’Etat Emomali Rahmon massivement réélu à la présidence de la République en novembre 1999, tandis que les élections législatives de février et mars 2000 confortaient l’assise de la majorité présidentielle (parti démocratique populaire). Une réforme constitutionnelle avait permis en 2003 au président tadjik de limiter la modification des mandats présidentiels, lui permettant ainsi de rester au pouvoir jusqu’en 2020. Une nouvelle réforme, en 2016, a mis fin à la limitation des mandats présidentiels, permettant un maintien du Président Rahmon au pouvoir. L’âge minimal requis pour se porter candidat à la présidence a également été abaissé, ouvrant la voie à une succession du fils d’Emamoli Rahmon, Rustam Rahmon.

Les élections du 6 novembre 2013 ont reconduit le Président Rahmon avec 83,9% des voix.. Selon les rapports de plusieurs organisations internationales, l’administration a largement recouru à des « ressources administratives » pour assurer cette réélection.

L’élection de 2013 a été boycottée par les principaux partis d’opposition, dont le Parti de la Renaissance Islamique, le principal parti d’opposition reconnu lors des accords de paix de 1997. En août 2015, l’ensemble du Parti de la Renaissance Islamique qui a été officiellement interdit. Son actuel dirigeant, Muhuddin Kabiri, est actuellement en exil. Un autre opposant et dirigeant de "Groupe 24", une organisation d’opposition politique au président Rahmon fondée en 2012, a été assassiné en mars en 2015 à Istanbul.

Cette élimination progressive des groupes et partis d’opposition semblre renforcer par ailleurs l’attractivité du Hizb-ut-Tahrir, parti radical et pan-islamiste, qui semble désormais séduire, au-delà de la minorité ouzbèke, les jeunes tadjiks (40% de la population a moins de 15 ans).

La grave crise énergétique de l’hiver 2007-2008 a témoigné de la grande fragilité économique du Tadjikistan et alimente désormais un mécontentement social de plus en plus large. Le pays est par ailleurs le plus dépendant au monde sur les revenus de ses émigrés. Un quart de la population active émigre en effet en Russie pour y travailler. La chute du rouble à partir de 2014-2015 a donc eu des conséquences dramatiques sur le revenu des familles tadjikes. Les forces d’opposition cherchent à tirer profit de cet affaiblissement de l’économie et de l’autorité du pouvoir, ainsi que du retour concomitant de clivages géographiques et claniques.

L’instabilité en Afghanistan et la croissance du trafic de drogue (1300 km de frontières communes) font du Tadjikistan le principal pays de transit de la « voie du nord » (100 tonnes d’héroïne transiteraient chaque année). La consommation locale d’opium et d’héroïne tend aussi à augmenter en conséquence.

[1] Gorno-Badakhchan Autonomous Oblast

[2] En 2008, le Président a « tadjikisé » son nom de famille. De Rahmonov, il est ainsi devenu Rahmon

Dernière modification : 28/06/2016

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