Focus Afghanistan : Les Bouddhas de Bâmiyân et le rôle de la Délégation archéologique française en Afghanistan

Depuis les années 1920, l’ancrage des archéologues français est fort dans cette région. Il s’est concentré jusqu’à récemment sur la période bouddhique, dont le patrimoine a été sévèrement endommagé par la guerre : grands Bouddhas debout et assis, Bouddha de la vallée de Kakrak, caves peintes de la vallée de Foladi, etc. De fait, la destruction des gigantesques statues de Bouddha par les Talibans en 2001 a, hélas, contribué à attirer l’attention internationale sur la vallée de Bâmiyân.

La Délégation archéologique française en Afghanistan, qui fête bientôt son centenaire, constitue jusqu’à aujourd’hui un véritable pilier de la coopération entre les deux pays. A la demande du gouvernement afghan, elle contribue par exemple à l’élaboration de la carte archéologique du pays qui constituera un élément essentiel de protection du patrimoine national. Elle forme également de nombreux archéologues locaux et encadre des recherches sur le passé de la région.

Aujourd’hui, le MAEDI soutient la Mission archéologique franco-afghane de Bâmiyân (MAFAB), dirigée par Thomas Lorain. Mission novatrice, elle s’intéresse à la période islamique de cette région, demeurée longtemps dans l’ombre de la période précédente. Les restes de cette période ont, eux aussi, connu de sévères dégradations : largage d’obus et incendie sur le site du palais de Chehel Dokhtaran, occupation et minage de la citadelle de Shahr-e Gholgholah… Sans oublier le pillage systématique du matériel archéologique, toutes périodes confondues, qui reste une menace majeure pour cette région. Céramiques, monnaies et statuettes sont encore actuellement les cibles du trafic illicite.

A Bâmiyân, l’aide internationale et la mission archéologique sont accueillies très favorablement par les populations et les autorités locales. Le site a été classé en 2005 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité. Ce classement lui a assuré un financement et une aide spécifique par exemple pour le déminage, aujourd’hui achevé.

Dégagement d'un bandeau épigraphique en argile sur le site de Khwâja Sabz Push.
Dégagement d’un bandeau épigraphique en argile sur le site de Khwâja Sabz Push.
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.
Stage de formation au relevé archéologique auprès des étudiants de l'Université de Bâmiyân
Stage de formation au relevé archéologique auprès des étudiants de l’Université de Bâmiyân
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.
Vue aériennes des fouilles du complexe funéraire de Khwâja Sabz Push.
Vue aériennes des fouilles du complexe funéraire de Khwâja Sabz Push.
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.
Vue générale du site de Shahr-e Gholgholah
Vue générale du site de Shahr-e Gholgholah
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.
La niche vide du Bouddha de Kakrak, détruit lui aussi par les Talibans en 2001
La niche vide du Bouddha de Kakrak, détruit lui aussi par les Talibans en 2001
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.
La niche du Grand Bouddha occupée aujourd'hui par un gigantesque échafaudage destiné à permettre aux restaurateurs de stopper l'érosion de la falaise (au sommet de la voûte, les fissures provoquées par les destructions de 2001)
La niche du Grand Bouddha occupée aujourd’hui par un gigantesque échafaudage destiné à permettre aux restaurateurs de stopper l’érosion de la falaise (au sommet de la voûte, les fissures provoquées par les destructions de 2001)
Photo : Mission archéologique Franco-Afghane de Bâmiyân.

Ressources :

- La Délégation archéologique française en Afghanistan sur le site de l’ambassade de France en Afghanistan
- Les opérations de sauvetage menées par l’Unesco
- Visualisation 3 D du site par Iconem

Dernière modification : 21/12/2016

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